La chimie verte récompensée
Le 24 juin à 16h30, quatre entreprises ont eu l’honneur de recevoir, des mains de M. Christian Estrosi, ministre chargé de l’industrie tout juste nommé, les prix Pierre Potier de l’innovation en chimie en faveur du développement durable.
Cérémonie de remise des prix Pierre Potier 2009
envoyé par Reactions_chimiques. - Vidéos des dernières découvertes scientifiques.
La 4e édition de remise des prix Pierre Potier ne ressemblait à aucune autre, et pour cause, cette manifestation organisée par le Ministère de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi, la FFC et l’UIC a été l’occasion pour les industriels de la chimie de rencontrer le nouveau ministre chargé de l’industrie, Monsieur Christian Estrosi, qui avait tenu à être là, pour saluer et encourager la démarche d’innovation des industriels de la chimie.
Témoignant de sa participation à la labellisation des 66 premiers pôles de compétitivté, il a insisté sur la nécessité de travailler en réseau afin de décupler les forces d’un secteur stratégique afin de développer des solutions innovantes pour demain.
Un excellent cru 2009
Rappelons que ce prix qui récompense des procédés ou des produits « propres » connaît une notoriété grandissante. Procédés économes en énergie, revalorisation de déchets, substitution de substances fabriquées à base de pétrole par des substances issues du végétal sont autant d’exemples des innovations présentées par les entreprises. Cette année 29 dossiers ont été déposés, tous d’une excellente qualité selon le jury.
Les lauréats
Pour les Lauréats 2009, Dacral, Rhodia, Roquette et Pierre Fabre Médicaments, cette remise des prix était donc une double reconnaissance, celle d’un jury
de professionnels et éminents scientifiques dont le Président d’honneur n’est autre qu’Yves Chauvin, prix Nobel de chimie 2005 et celle d’un ministre donc, qui avait tenu à être là pour eux, pour sa première journée de prise de fonction.
Découvrez les innovations primées
Dacral
Des revêtements anti-corrosion éco-conçus
Trophée du Prix Pierre Potier 2009
Rhodia - Rhodiasolv® IRIS
un solvant plus écologique et plus sûr
Trophée du Prix Pierre Potier 2009
Roquette Frères - Polysorb® ID 37
un plastifiant performant issu de produits naturels, garanti sans phtalates
Médaille du Prix Pierre Potier 2009
Pierre Fabre Médicament
Formulplex®, un procédé de fabrication plus respectueux de l’environnement pour l’industrie chimique et pharmaceutique
Médaille du Prix Pierre Potier 2009
Lauréats 2006 et 2007, que sont-ils devenus ?
Depuis son lancement, 17 innovations ont été primées. Reactions-chimiques.info a voulu savoir ce que le prix leur avait apporté et surtout ce qu’elles étaient devenues.
Zoom sur Epicerol, Indar et le bitume vert.
Solvay avec Epicerol – des résines à partir d’un sous-produit de la production de biodiesel - Trophée du Prix Potier 2006
Alors que l’entreprise s’apprêtait en 2006, à lancer sur l’usine pilote de Tavaux le procédé à l’échelle semi-industrielle avec une capacité de 10 000 tonnes, cela est chose faite aujourd’hui et une installation industrielle de 100 000 tonnes est en cours de construction en Thaïlande avec un démarrage prévu fin 2011.
« Le prix Pierre Potier nous a beaucoup aidé a rendre encore plus visible notre projet tant auprès des décideurs, des institutionnels et de la presse, qu’auprès des clients. Il nous a fourni également l’occasion de lancer une communication en interne auprès du personnel et en direction du grand public. » Christian Clerc Girard, Responsable Communication - Solvay France.
Rescoll avec Indar – Une colle qui décolle – Trophée du Prix Potier 2007
Une colle doit permettre de maintenir ensemble des systèmes ou des matériaux identiques ou différents. Mais il faut parfois séparer ces ensembles, par exemple pour recycler ou remplacer des matériaux différents nécessitant chacun des traitements différents.
La société Rescoll a mis au point le procédé INDAR (Innovative Disassembling Adhesives Research) qui permet le désassemblage de façon contrôlée, laissant à la fin du processus des surfaces nettes, faciles à réutiliser. Il utilise des formulations comprenant des agents d’expansion chimique qui, par apport thermique, se traduisent par la séparation des substrats collés : le collage devient réversible. Cet exemple d’éco-conception de procédé permet d’utiliser des adhésifs structuraux (colles époxy par exemple) et de supplanter les méthodes d’assemblage traditionnelles. Recyclage et réparations deviennent techniquement réalisables et économiquement rentables.
Depuis 2007, Le procédé INDAR a complètement été validé dans le cadre du projet Ecodism (projet européen du 6e PCRD) avec, comme expression finale, une réalisation grandeur nature sur la chaine de démontage automobile de la société RE-SOURCE. Lors de cet essai, des pièces automobiles, assemblées par des adhésifs portant la technologie INDAR, ont été démontées par le pilote mis au point dans le cadre du projet.
La crise automobile a eu raison cependant, pour le moment, de la suite programmée de ce projet, notamment avec le centre de recherche de FIAT en Italie, qui aurait souhaité, après une nouvelle validation, industrialiser le procédé.
Le procédé a cependant séduit la société Astrium, partenaire de Rescoll dans un projet du Pôle de Compétitivité AESE, qui s’est portée acquéreur, pour son domaine d’activité, d’une licence exclusive au niveau mondial pour le procédé.
A l’heure actuelle le collage pour le test au sol des satellites (GAIA, par exemple) est assuré par une formulation adhésive comportant une fonction « démontabilité » issue de la technologie INDAR. D’autres applications sont en cours de validation dans ce même domaine.
Arkema avec le bitume vert – Formulation pour route verte
– Médaille du Prix Pierre Potier 2007
Arkema produit et commercialise aujourd’hui cet additif au travers de sa filiale CECA. En un an, une dizaine d’applicateurs routiers l’ont déjà utilisé avec succès et 80 000 tonnes d’enrobés tièdes ont déjà été produits.
Pour l’ensemble du marché européen des enrobés (350 millions de tonnes), l’utilisation de ces enrobés tièdes pourrait représenter 700 000 tonnes de fioul économisé chaque année - soit l’équivalent des besoins annuels en chauffage d’une ville comme Marseille -, et se traduirait par une baisse d’émission de CO2 de l’ordre 1,8 millions de tonnes.
Pour en savoir plus, télécharger le dossier de presse du prix Pierre Potier











