Bon point à l’industrie chimique pour son traitement des rejets
Du 2 au 5 décembre, il est question de solutions pour l’environnement à Lyon, dans le cadre du Salon Pollutec. L’industrie chimique est particulièrement active dans la mise en place de procédures pour limiter et traiter ses rejets et le salon nous donne l’occasion de rappeler quelques initiatives.
Rejet d’effluents liquides dans le milieu aquatique ou de gaz dans l’atmosphère : le monde industriel reste montré du doigt, alors qu’il travaille depuis longtemps à la réduction de ses émissions. En première ligne, l’industrie chimique, qui suscite des craintes particulières en raison des substances utilisées. Pourtant, en raison même de la teneur parfois sensible des composants qu’elle utilise, l’industrie chimique travaille depuis longtemps déjà à la maîtrise de ses rejets. Depuis 1990 elle mesure les émissions de ses sites pour être bien en deçà des normes. En 2007, elle a investi environ 540 millions d’euros (18 % des investissements totaux) dans des mesures de protection de l’environnement et de maîtrise des risques.
Des rejets fortement réduits
Résultat, les émissions de gaz à effet de serre ont été réduites de 45 % entre 1990 et 2006. Les émissions d’oxydes d’azote (NOx, produits par la combustion dans l’air à haute température et précurseurs de la pollution atmosphérique par l’ozone, observée notamment en période de canicule) ont quant à elles été réduites de 67 % entre 1980 et aujourd’hui. L’industrie chimique a également réduit entre 1998 et 2006 ses rejets de métaux lourds dans l’eau de 52%, et de 56 % de ceux de phosphore (qui, en cas de trop forte concentration, provoque l’eutrophisation de l’eau).
Epurer les fumées d’usine
Les initiatives des industriels se multiplient. Pour épurer les fumées d’usines par exemple, une industrie a développé un procédé qui utilise le bicarbonate de sodium pour neutraliser les acides (acide chlorydrique, dioxyde de soufre, acide fluorhydrique). Moyennant l’injection combinée de charbon actif ou de coke de lignite, les fumées sont également épurées en métaux lourds et en dioxines/furannes.
Les résidus de l’épuration des fumées sont ensuite purifiés et recyclés. Les sels issus de cette épuration peuvent à nouveau servir à la fabrication de carbonate de sodium en substitution d’une des matières premières utilisées par l’usine.
Traiter les effluents
Autre exemple, donné par une industrie chimique des Deux-Sèvres, qui rejette des effluents aqueux chargés en espèces organiques, en phosphore et en azote. Les matières organiques consomment, en se dégradant, l’oxygène dissous dans l’eau. Elles peuvent donc être à l’origine, si elles sont trop abondantes, d’une consommation excessive d’oxygène, et provoquer l’asphyxie des organismes aquatiques. Dans le cas de cette industrie, les effluents sont collectés dans un réseau qui débouche vers une station d’épuration biologique. Mais la quantité de DCO (demande chimique en oxygène) varie fortement selon son activité, ce qui engendre une difficile gestion de la station d‘épuration. La société est alors intervenue sur le mélange de différentes eaux de lavages, pour diminuer le taux de concentration en DCO. Elle a également mis en place des cuves d’attente, dont le contenu est évacué à débit faible et régulier, afin d’éviter un apport brutal de charge polluante sur la station. Résultat, l’entreprise a globalement permis de réduire le flux moyen journalier de DCO qui est passé de 320 kg par jour à 180-250 kg par jour (pour mémoire, le flux maximal autorisé est de 360 kg par jour).
Nettoyage de sites anciens
Il reste que l’industrie chimique doit parfois faire face à son histoire. Le changement d’usage d’un site est l’occasion d’identifier, de traiter et d’éliminer d’éventuelles zones de pollutions anciennes, que ce soit dans les nappes phréatiques (pompage et purification), ou dans les sols (remédiation, ou décontamination). L’industriel maintient alors également une surveillance à long terme de ses sites, pour prévenir et traiter au plus tôt l’apparition d’éventuels problèmes. Par exemple, dans le Bas-Rhin, un site industriel qui possédait une décharge interne est régulièrement évalué par un comité technique transfrontalier, depuis sa fermeture en 1998. D’une manière générale, quand un industriel quitte un site, il met en œuvre une procédure de réhabilitation et de remise à niveau des sols (remédiation) pour le rendre compatible avec son usage futur (ex. entreprise, terrain de sport…) et prévenir toute (ré) émergence de pollutions anciennes. Ces actions sont menées systématiquement en concertation avec les autorités locales (DRIRE, Direction Régionale de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement) et nationales et, le cas échéant, avec d’autres industries avoisinantes.
En savoir plus
Rapport Développement durable 2007











