Effet de serre : l’industrie chimique lutte sur tous les fronts
Dans ses modes de production comme dans la fabrication de ses produits, l’industrie chimique participe activement à la lutte contre le changement climatique.
Le changement climatique est aujourd’hui généralement accepté comme une réalité. L’homme, soupçonné d’être responsable de cette dégradation, émettrait trop de gaz à effet de serre. Parmi eux, le dioxyde de carbone (CO2) représente 77 % du Pouvoir de Réchauffement Global (PRG) au niveau mondial, notamment à cause de l’usage excessif des énergies fossiles [3].
En France, en 2006, les sources principales des émissions de CO2 sont les transports routiers (33 %), les habitations et le tertiaire (23 %) et l’industrie manufacturière (24 %) [4] . Depuis 1990, les émissions du transport routier ont augmenté de 15 % alors que celles de l’industrie manufacturière ont baissé de 13 %.
L’industrie chimique développe les bonnes pratiques
En Europe, entre 1990 et 2005, l’industrie chimique a augmenté ses productions de plus de 50 %, tandis que ses émissions de gaz à effet de serre baissaient de 25 %. Bonne élève, l’industrie chimique en France a réduit quant-à-elle ses émissions de gaz à effet de serre de 45 % depuis 1990, contribuant ainsi à ce que notre pays puisse respecter ses engagements dans le cadre du protocole de Kyoto. Ces dernières années, beaucoup de sites se sont tournés vers le gaz naturel comme source d’énergie, moins émetteur de CO2. Pour améliorer encore ces bons résultats, des industriels européens de la chimie se regroupent au sein de centres de recherches pour travailler sur l’usine du futur plus compacte et moins énergivore.
A titre d’exemple, on peut citer le pôle de compétitivité AXELERA (Chimie-Environnement) ou la Mepi à Toulouse (Maison européenne des procédés innovants) et SusChem (plateforme européenne Sustainable Chemistry, ou chimie pour un développement durable).
Des transports moins émetteurs
L’industrie chimique intervient surtout par l’intermédiaire des produits qu’elle fabrique. Dans le secteur automobile, elle fournit par exemple des matériaux pour les pots catalytiques, qui permettent d’optimiser la performance des métaux précieux, comme le platine, nécessaire au fonctionnement des catalyseurs. Elle produit également des silices à haute performance, lesquels contribuent à réduire la résistance au roulement des pneus et diminuent ainsi la consommation de carburant. L’industrie chimique est également à l’origine des piles au lithium et des batteries utilisées dans les véhicules hybrides. Enfin, pour rendre les véhicules plus légers et moins énergivores, elle développe des plastiques comme les polyamides, dans les châssis de voiture. L’A380 a également bénéficié de ces techniques puisque sa structure a été allégée grâce l’utilisation de matériaux composites. Moins, lourd, il consomme moins de carburant que des modèles plus anciens.
Le bâtiment moins énergivore
Dans le secteur de la construction, les objectifs ambitieux fixés par le protocole de Kyoto puis par le Grenelle de l’environnement poussent à développer les constructions passives, voire à énergie positive. L’industrie chimique développe, pour ces usages, des produits destinés à réduire les consommations énergétiques. Les briques composites, par exemple, contiennent des microcapsules qui absorbent la chaleur quand la température est élevée pour la restituer quand elle baisse, évitant ainsi le recours à des systèmes de climatisation. L’industrie chimique améliore également les performances des produits d’isolation, permettant de baisser la consommation de combustible de 25 litres à 7 litres par m². La mousse de polyuréthane, par exemple, très utilisée dans le bâtiment et l’industrie est un isolant composé de fines alvéoles qui emmagasinent un gaz à faible conductivité thermique. Sur les vitrages à isolation thermique renforcée, qui se généralisent, une couche d’oxydes métalliques est déposée sur l’une des faces intérieures du double vitrage et empêche, en hiver, la chaleur intérieure de fuir à l’extérieur. Dans le même but, certains doubles vitrages sont remplis d’un gaz qui donne aux fenêtres des qualités d’inertie supplémentaires.
La chimie est également présente dans les énergies renouvelables. Le besoin d’efficacité et de réduction du coût de ces énergies est l’objet, en permanence, de nouvelles voies de recherche. Les panneaux solaires, utilisés pour chauffer l’eau chaude, et les cellules photo-électriques, qui transforment l’énergie solaire en électricité, utilisent des matériaux chimiques pour transporter la chaleur et pour déclencher le processus photovoltaïque. La croissance des éoliennes multiplie aussi le besoin de développer de nouvelles huiles spécifiques.
Limiter l’usage du pétrole
Enfin, les biotechnologies industrielles, parfois appelées biotechnologies blanches, utilisent des enzymes ou des bactéries qui agissent comme de véritables usines cellulaires pour produire certains produits chimiques de commodité comme des biocarburants ou des intermédiaires de synthèses. Ces enzymes et bactéries transforment les molécules chimiques des matières végétales telles que le glucose ou le sucre extrait de céréales, du maïs ou de canne à sucre. Les biotechnologies blanches viennent compléter les procédés existants et permettent d’envisager de nouvelles utilisations des ressources agricoles pour créer de nouvelles molécules chimiques pour limiter l’usage du pétrole.
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Rapport Développement durable 2007











