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La chimie fait son cinema !

62e festival de Cannes. Ses stars, son tapis rouge et ses récompenses. Chacun attend le verdict du jury pour savoir à qui seront décernés la Palme d’or, le Prix de la meilleure mise en scène, du scénario, etc. Et si, cette année, Cannes remettait un Prix du meilleur partenaire technique ? Celui-ci pourrait être attribué à l’industrie chimique, pour sa contribution essentielle à l’industrie cinématographique, à tous les stades de son activité.

Quand la chimie fait de l’effet

Depuis Méliès en effet, la chimie est un allié précieux dans la réalisation d’effets spéciaux. Les nuées et nuages par exemple sont souvent réalisés en aquarium. Le professionnel verse de l’eau salé puis de l’eau, injecte ensuite un mélange de latex dilué avec de la peinture a l’eau dans la couche d’eau supérieure. Ce liquide reste au dessus de l’eau salée car plus légère, et provoque des effets de nuages.

Faux cristaux de neige, composés de polyéthylène, brouillards artificiels et autres brumes, à base de glycol, sont également devenus des outils standard des professionnels de la technique cinématographique.

Changer de peau grâce au latex

La magie du cinéma passe aussi par les doigts de fées des maquilleurs prothésistes qui permettent aujourd’hui à un comédien de jouer un personnage à 20 ans… comme à 80 ! Pour ce faire, le professionnel prend l’empreinte du visage du comédien – ou de toute autre partie de son corps à transformer, il réalise ensuite une sculpture de la forme qu’il veut donner au visage (déformation, vieillissement, etc.), fabrique ensuite un moule réalisé à base d’un mélange de mousses de latex, passé au four et le pose ensuite sur le visage du comédien. Peu avant les prises de vues, le masque est collé sur le visage de l’acteur avec une colle dite « chirurgicale ». Pour parfaire le travail, le masque est ensuite maquillé avec la couleur de la peau du comédien.

Des personnages de pate à rire… ou à pleurer…

Si on pousse la fantaisie un peu plus loin encore, on trouve alors les films d’animation qui ne sont aujourd’hui plus réservés qu’aux enfants, comme en témoigne le film israélo-australien à l’affiche en ce moment : « Le sens de la vie pour 9,99$ ». Les personnages en silicone sont criants de vérité et l’émotion passe au travers de ce travail minutieux de la matière. Les personnages ont été sculptés à partir d’une modélisation en silicium. Toutes les figurines et les éléments de décor sont créés à l’échelle de 1/6e, soit la taille d’une poupée Barbie, à l’exception des mains des figurines, à 1/5e, pour faciliter le maniement des objets. Avant « le sens de la vie pour 9,99$ », d’’autres petits personnages nous avaient déjà touchés et plutôt fait sourire : les célèbres Wallace et Groomit. Ces derniers sont faits de pâte à modeler, la plastiline, une variété de plasticine à base d’huiles et de cires minérales. Sur le tournage, chaque jour, 45 Wallace et 35 Groomit sont remis aux animateurs afin que ceux-ci travaillent toujours avec des personnages « propres ». Les différentes teintes de pâte à modeler sont fabriquées sur place, avec une machine qui servait autrefois à mélanger la pâte dans une usine de chewing-gum.

Quant aux milliers de légumes miniatures, ils ont été sculptés en plastiline puis moulés en silicone. Les tirages en résine sont colorés ensuite avec des peintures acryliques.

Côté français, nous avons aussi notre artiste de la pâte à modeler, Patamo, dont les personnages sont réalisés en plasticine. Ses décors et certains détails qui ne doivent pas bouger sont quant à eux réalisés en pâte thermodurcissable, cuite au four.

Le film en labo

Une fois les films tournés – qu’il s’agissent d’animation ou non – les bobines passent par un laboratoire cinématographique. Des techniciens y développent le négatif original, le transfèrent sur support magnétique ou numérique, tirent les copies de travail et de série, les étalonnent, dupliquent les éléments, réalisent certains trucages etc. Lorsque le film est tourné sur support argentique, le laboratoire se charge de le développer. Cette opération chimique se déroule en plusieurs étapes : le négatif est stoppé, révélé, blanchi, fixé, nettoyé puis enfin séché. Pour atteindre une qualité de développement optimale, les techniciens du laboratoire veillent à respecter une température constante et imposée, des temps de développement stricts et des concentrations précises en composants chimiques.

Le travail d’interaction entre les produits chimiques du bain photographique avec la pellicule s’effectue à un niveau proche de la taille des atomes.

Le 7e art sur plasma ou OLED ?

Il reste ensuite à visionner le film. Bien que le cinéma reste un lieu incontournable, la vidéo à domicile s’est très sensiblement développée. Les écrans plasma sont composés d’une dalle sur laquelle les images s’affichent. Des cellules, les futurs pixels, sont fixées sur le panneau arrière de cette dalle. Deux gaz, le Néon (Ne) et le Xénon (Xe), y sont injectés. Ensuite, les panneaux sont assemblés. Des couches de Magnésie (MgO) et de phosphore (P) sont placées entre les panneaux afin de les isoler. L’usage des OLED est actuellement en fort développement sur des produits à durée de vie courte ou moyenne. Son principe de fonctionnement est basé sur l’électroluminescence. Les chercheurs travaillent à optimiser la technique, qui pourra ainsi être appliquée à des produits comme les écrans de télévision. En effet, ces technologies, proches des imprimantes à jet d’encre, permettent d’envisager un coût de production très avantageux, comparé aux LCD ou aux écrans plasma.

 


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