La sécurité industrielle : priorité n°1 sur les sites
Le risque zéro n’existe pas mais les industries chimiques mettent en œuvre toutes les procédures possibles – analyse des risques, formations, implication des sous-traitants – pour assurer la sécurité de leurs installations. Et s’emploient, en communiquant sur le moindre incident, à restaurer la confiance avec le public.
Lorsque le 21 septembre 2001, une explosion se produisit à l’usine AZF de Toulouse, les salariés des deux sites, bien que sous le choc, ont très rapidement procédé à la mise en sécurité des installations. Cette application d’un ensemble de procédures pré-établies a permis d’éviter un effet domino de l’explosion. Comme tous les établissements à risques soumis à la directive Seveso 2, du nom de la commune italienne victime en 1976 de rejets de dioxine, l’usine AZF appliquait en effet le dispositif de prévention des accidents majeurs impliquant des substances dangereuses. Cette directive impose notamment à l’exploitant la mise en œuvre d’un système de gestion de la sécurité proportionnel aux risques des installations. Sa mise en application est l’une des exigences prioritaires de l’Inspection des installations classées, sous l’autorité des préfets. Le drame de 2001 a donné lieu au renforcement des mesures de précaution existantes par le gouvernement et par les industriels eux-mêmes.

Analyser les risques
En matière d’étude de risque, la méthode consiste à explorer plusieurs scénarios d’incidents envisageables en étudiant à la fois leur gravité et leur probabilité d’occurrence. Elle se base sur les moyens de prévention et de protection mis en place et les probabilités de défaillance associées. Cette méthode tient compte également des conditions locales de météorologie, de topographie, de répartition de l’habitat et des activités avoisinantes. Il en résulte une étude de dangers structurée que l’industriel doit fournir à la préfecture. L’industriel y démontre qu’il maîtrise les risques de ses installations et que ceux-ci ont été réduits à la source. Aucune modification importante de procédé dans une installation classée n’est autorisée tant que le dossier d’autorisation associé n’a pas été approuvé par la préfecture.
Impliquer les sous-traitants
Mais étudier les risques à l’intérieur de son entreprise n’est pas tout. Encore faut-il intégrer à la démarche les sous-traitants, nombreux sur les sites industriels. Sur ce point, l’UIC a, en 2002, comme le réseau d’associations « MASE » (manuel d’amélioration sécurité des entreprises), établi un système d’habilitation des entreprises extérieures. Depuis décembre 2007 les deux organismes ont conçu un système commun de certification qui valide le système organisationnel des entreprises extérieures intervenantes en matière de prévention des risques et de gestion de la sécurité. Dans le cadre de cet accord, un organisme d’audit extérieur étudie le système de gestion de la sécurité mis en place par le sous-traitant : sa politique HSE (hygiène, sécurité, environnement), la compétence et la formation de ses salariés…
Former les salariés et prévenir les risques
La formation des intervenants représente en effet un élément clé de la sécurité industrielle. Qu’ils soient salariés de l’entreprise ou d’une entreprise extérieure, les personnels sont placés à des postes plus ou moins sensibles. Chaque poste fait l’objet d’une évaluation des risques qui conduit à la mise en place de consignes de sécurité, d’équipements de protection collective et individuelle, et à la formation du personnel. Ces éléments figurent dans le Document Unique d’évaluation des risques professionnels, tenu à la disposition des salariés, du médecin du travail, et de l’administration. Cette rigueur garantit que chaque salarié a suivi la formation adaptée au poste qu’il occupe, tant sur les précautions à prendre pour sa protection personnelle et celle de l’entreprise que sur les conduites à tenir en cas d’anomalie ou d’incident.

Restaurer la confiance
Aujourd’hui, les industries chimiques sont tenues de communiquer les incidents importants survenus dans les entreprises. Mais les incidents mineurs de type odeur, bruit, rejet d’air ou d’eau, torchère, feu, etc. ne font pas l’objet d’une communication obligatoire. Ceux-ci sont pourtant perçus par le public, par les riverains et l’absence d’information laisse le champ libre aux rumeurs, au doute, à la méfiance. C’est pourquoi l’Union des Industries Chimiques (UIC) a pris l’initiative, avec le BARPI (Bureau d’Analyse des Risques et des Pollutions Industrielles du Ministère de l’Écologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire), l’Union Française des Industries Pétrolières (UFIP) et le Groupe d’Etude de Sécurité des Industries Pétrolières et Chimiques (GESIP) de lancer en 2006 une démarche dite de « communication à chaud » en cas d’incident. Tout événement susceptible de faire l’objet d’une interrogation du public doit ainsi conduire à l’envoi d’un communiqué de presse.
En savoir plus
- Sur l’explosion de l’usine AZF le 21 septembre 2001 : www.azf.fr
- Sur les actions des industriels de la chimie pour améliorer en continu la sécurité sur les sites :
Rapport Développement durable 2007











