Mes molécules t’aiment
Bientôt le 14 février, les files d’attente devant les fleuristes, les tables pour deux réservées au restaurant. L’occasion pour un couple de vérifier si l’alchimie fonctionne encore. Si les atomes crochus sont encore présents. Alchimie ? Atomes ? L’amour et ses émotions ne concerneraient donc pas que les poètes ? Les biologistes nous le confirment : l’amour est avant tout une histoire de chimie où sentiments et molécules font bon ménage. Un mariage de raison, certes, puisque l’objectif premier reste la survie de l’espèce humaine.
L’homme et le cochon
En effet, l’amour et la séduction font intervenir de multiples substances chimiques. Par exemple, des scientifiques ont découvert que l’androsténol, l’attirant sexuel du cochon (ou phéromone), est également une des composantes de la sueur des hommes. Des chercheurs se sont alors demandés si la molécule agit également comme phéromone chez l’humain, et si elle attire les femmes. Bien que cette thèse reste controversée, une étude a été réalisée qui semble concluante. La phéromone a été appliquée sur des sièges de cinéma. Les femmes les ont massivement préférés à ceux qui en étaient dépourvus.
Besoin d’aimer
Les sentiments eux-mêmes auraient une origine chimique. La phényléthylamine, une molécule de la famille des amphétamines, est présente en quantité plus ou moins importante chez les individus. Chez les personnes qui ont le besoin de se sentir constamment en amour, le cerveau en contient de grandes quantités. Les amphétamines agissent comme des stimulants et produisent un effet d’euphorie.
La phényléthylamine est également présente dans le chocolat. D’où certainement le réflexe des amoureux déçus de se jeter voracement sur une tablette.
Plaisir et dépendance
C’est pour éviter les adieux du petit matin que la dopamine agit à son tour. Cette molécule est un neurotransmetteur qui apporte la sensation de plaisir et de dépendance aux consommateurs de drogues. Le cerveau la sécrète pour anticiper les plaisirs de la vie. Cette molécule semble intervenir dans les sentiments de fidélité, notamment dans les liens qui unissent les enfants et leurs parents.
Pour la vie
Mais pour qu’un couple reste uni, rien ne vaut l’ocytocine. Parfois surnommée « molécule de câlinage », l’ocytocine favorise l’attachement. Chez la femme, un taux maximum d’ocytocine est présent dans la période qui suit l’accouchement.
Chez les espèces animales qui s’attachent et sont monogames, l’ocytocine est envoyée dans le cerveau lors du premier accouplement. Elle forme alors, avec la dopamine, le duo neurochimique du plaisir. Alors que les récepteurs d’endomorphine se désensibilisent dans le temps, et n’induisent plus la dépendance de l’un à l’autre, l’ocytocine produit un sentiment de bien-être beaucoup plus pérenne. Il suffit qu’un couple s’embrasse ou discute tranquillement pour qu’elle soit libérée.
Des parfums pour aider la nature
Dès l’antiquité, les hommes ont créé des parfums pour stimuler leurs sens. Au moyen-âge, les arabes mettent au point l’alambic et le serpentin. Le premier parfum à base d’alcool date quant à lui du XIVe siècle. Cette "Eau de la Reine de Hongrie", à base d’esprit de vin et de romarin, est supposée protéger de tout, notamment de la peste, d’où un usage intensif des parfums lors des grandes épidémies. La renaissance italienne voit le développement des épices et aromates investir la parfumerie. Laquelle connaît ensuite un grand essor sous Louis XIV, surnommé « le doux fleurant », qui voue une véritable passion aux parfums. Viennent enfin les temps modernes, avec l’arrivée des odeurs artificielles et de synthèse qui multiplient les possibilités de créations et donc de fragrances Guerlain leur donne leurs lettres de noblesse, Coco Chanel leur ouvre le monde de la haute-couture avec son célèbre n°5.
L’alchimie des parfums
Aujourd’hui, les matières premières naturelles sont obtenues selon deux procédés, la distillation et l’extraction par solvants. La distillation consiste à extraire l’huile essentielle par vapeur d’eau dans un alambic. Les odeurs des végétaux sont captées par de la vapeur d’eau. En traversant le serpentin et en refroidissant, celle-ci se condense et devient huile essentielle. Dans la technique de l’extraction par solvants, les matières végétales sont infusées dans un mélange de solvant – sélectionné selon le type de plante - et d’eau. S’ensuivent des opérations d’évaporation, de mélange avec de l’alcool, de réchauffement puis de refroidissement, pour obtenir enfin de "l’absolue". Les huiles essentielles constituent pour la plupart les notes de tête, tandis que l’absolue est utilisée en note de fond.
Parfums d’aujourd’hui et de demain
Alliance de substances naturelles et synthétiques, les parfums comprennent aujourd’hui 50 à 90% de molécules de synthèse. Celles-ci apportent des fragrances complémentaires, bénéficient d’une grande stabilité et peuvent être produites en grand volume. De nouveaux procédés d’extraction propres et innovants sont à l’étude, notamment dans le cadre du projet « Green extraction » développé au sein du pôle de compétitivité PASS (Parfums, Arômes, Senteurs, Saveurs).
Mais quelles que soient les techniques utilisées, le résultat reste le même. Les parfums nous marquent souvent à vie, ils sont, comme l’écrivait si bien Helen Keller de « puissants magiciens pouvant vous transporter au travers des années que vous avez vécues. »
Pour en savoir plus :
http://www.parlonscosmetiques.com











