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Vous aider à économiser ? La chimie sait faire !

Tout comme les autres secteurs d’activité, l’industrie chimique est confrontée à la crise économique. En 2008, le chiffre d’affaires réalisé de 85,8 milliards présentait déjà une baisse de production de 2,9 % en volume par rapport à 2007. Cette baisse pourrait atteindre 30 % sur le premier trimestre 2009 par rapport à la même période en 2008 et autour de - 7 % en moyenne annuelle par rapport à 2008.

Ce repli est dû à la dégradation de la situation dans les autres secteurs industriels. L’industrie chimique réalise en effet 53,4 % de ses ventes dans l’industrie (automobile, construction/bâtiment, pharmacie …) contre 29,7 % pour la consommation des ménages. En ces temps de crise où les économies sont de rigueur, un focus sur les solutions apportées par l’industrie chimique pour un développement durable s’impose. Ce panorama vous donne une idée du rôle clé de l’industrie chimique dans notre économie et de ce qui se fait de mieux pour économiser énergie et ressources.

Diminuer la consommation des véhicules

Le secteur automobile est l’un de ceux qui subit la crise de plein fouet. Et il représente 5,4 % des ventes de l’industrie chimique. Coincé entre la législation environnementale qui se renforce et les consommateurs plus attentifs que jamais à leur portefeuille, les constructeurs automobiles plébiscitent les innovations en matière de développement durable. Pour diminuer la consommation des moteurs, l’industrie chimique a donc cherché comment en optimiser leur rendement. Elle a ainsi conçu une série d’additifs pour les lubrifiants, destinés à piéger ou neutraliser les agents de corrosion. Autre source d’économie de carburant, le poids de la voiture. Plus elle est légère, moins elle consomme. Mais les éléments de sécurité et de confort se multiplient et ajoutent du poids.

C’est donc dans le choix de matériaux plus légers que les industriels ont trouvé une carte à jouer. Les polycarbonates, plus légers que le verre, sont ainsi de plus en plus utilisés pour les vitrages latéraux et pour les toits panoramiques. Ces mêmes polycarbonates sont utilisés sous forme d’alliages pour réaliser des tableaux de bord et d’autres éléments de décoration intérieure ou des panneaux de carrosserie plus légers et plus résistants aux chocs que l’acier.

Accroître la durée de vie des équipements

La chute des ventes du secteur automobile le prouve : en temps de crise, l’achat d’un nouveau véhicule est suspendu. Les consommateurs espèrent donc que le leur tiendra jusqu’aux jours meilleurs, et passera le prochain contrôle technique sans réparation lourde, notamment pour les rejets de gaz d’échappement qui sont étroitement surveillés. C’est pourquoi les chimistes ont pensé à utiliser des terres rares dans les catalyseurs des voitures à essence afin d’optimiser la performance des métaux précieux nécessaires à leur fonctionnement et prolonger ainsi leur durée de vie.

Idem pour le diesel : en associant un filtre à particules et un additif ajouté dans le réservoir du véhicule, plus de 99 % du nombre des suies émises sont éliminées. S’il est installé dès la construction du véhicule, le conducteur peut parcourir 250 000 kilomètres, sans impact notable sur l’environnement.

Constructions à valeur chimique ajoutée

Le secteur de la construction, qui représente 6,5 % des ventes de l’industrie chimique, n’est pas en reste. La chasse au gaspillage énergétique est depuis quelques temps déjà encouragée par les pouvoirs publics, via des mesures fiscales incitatives et les chimistes se sont penchés sur la question de l’isolation thermique. Ils ont par exemple mis au point un polystyrène expansible qui, avec l’ajout de graphite, crée de minuscules réflecteurs qui piègent les radiations thermiques et améliorent ainsi les qualités isolantes du produit. L’industrie chimique propose également d’autres matériaux innovants pour réduire la consommation d’énergie de l’habitat : des revêtements de sol qui transforment l’énergie mécanique fournie par les pas lors de nos déplacements en énergie électrique ; des papiers peints ou peintures qui contiennent des molécules capables de stocker l’énergie lumineuse le jour et de la réémettre la nuit ; des plaques de plâtre à changement de phase qui régulent la température des pièces…

Des matériaux auto-cicatrisants

La crise est souvent synonyme d’économie de matériaux, pour les industriels comme pour les particuliers. L’industrie chimique a trouvé une solution digne de Merlin : les matériaux qui se réparent tout seuls. La baguette magique s’appelle chimie supra-moléculaire. Celle-ci consiste à construire des liaisons chimiques réversibles. Cette technique est notamment utilisée dans une nouvelle matière plastique dite auto-cicatrisante : un produit cassé en deux peut se ressouder et retrouver en quelques heures sa solidité et ses propriétés d’origine. Votre prothèse se casse ? Elle se répare toute seule. Des tuyaux sont percés ? Plus besoin de tout changer.

La chimie supra-moléculaire va connaître une de ses premières applications dans les travaux publics. En ajoutant au bitume un additif d’origine végétale issu de cette chimie, celui-ci pourra se ressouder après cassure. Son usage est donc envisagé sur les routes à fort trafic. Autant d’économie en matériau, mais aussi en temps d’intervention humaine. Cerise sur le gâteau, la température de chauffe d’application de ces bitumes peut être abaissée à 140°C, au lieu de180°C, ce qui n’est pas négligeable en ces temps d’économie.

 


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